Les entreprises belges sont de plus en plus touchées par les escroqueries au paiement

11 Juin 2015

Les professions économiques (IRE, IEC et IPCF), Febelfin, la FEB, l'UNIZO, l'UCM et la police judiciaire de Bruxelles lancent une vaste campagne de sensibilisation

De plus en plus d'entreprises belges sont confrontées à un nouveau phénomène d'arnaque au niveau international : l'escroquerie au paiement. 

Les chiffres montrent qu'il est nécessaire de mener des actions de prévention auprès des entreprises. Depuis septembre 2010, la police judiciaire fédérale de Bruxelles a ouvert 32 enquêtes sur des cas d'arnaques au président, pour un montant de plus de 37 millions d'euros, dont pas moins de 13 millions ont été effectivement transférés sur des comptes étrangers appartenant aux escrocs.

Pour la même période en Wallonie, les chiffres connus actuellement portent sur 31 dossiers pour un montant total de 24 millions d'euros, dont un peu plus de 4 millions ont été versés aux escrocs.

En Flandre, d'après les chiffres partiels, 8 enquêtes ont été ouvertes pour un montant de 3,5 millions d'euros de tentatives de versements.

Ces chiffres ne représentent que la partie visible de l'iceberg. En effet, de nombreuses entreprises se taisent afin de préserver leur image. De plus, ces chiffres concernent uniquement les escroqueries fondées sur l’usurpation d’identité et la manipulation des employés. Pour d’autres types d’arnaques, telles que la falsification de factures, l'on ne dispose d'aucune statistique précise, même si des milliers de cas ont déjà été portés à la connaissance des autorités de police.

Les conséquences peuvent s'avérer dramatiques. D'une part, les entreprises victimes subissent un impact financier considérable, car les chances de récupérer les sommes transférées à l'étranger sont infimes. D'autre part, il y a l'impact humain pour l'employé, qui n'a pas vu venir l'arnaque et s'est laissé duper.

L'escroquerie au paiement peut être répartie en trois types de fraude :

  • Les arnaques fondées sur l'usurpation d'identité. L'escroc contacte l'entreprise par téléphone ou par e-mail et se fait passer pour une autorité (publique) ou un réviseur chargé d'analyser les processus de paiement internes ou pour un informaticien chargé de sécuriser les paiements. Son objectif consiste à obtenir des informations précieuses telles que l'identité des personnes autorisées à exécuter les paiements. Dans d'autres cas, l'escroc peut tenter de se faire passer pour la direction de l'entreprise ou une autre personne de confiance, tout en exigeant la plus grande confidentialité.
  • Les arnaques fondées sur l'interception de documents et notamment de factures. Après avoir intercepté des factures, l'escroc modifie le numéro de compte du bénéficiaire. Dans certains cas, les coordonnées de l'émetteur de la facture sont modifiés de façon à ce que les éventuelles demandes d'information soient déviées vers l'escroc lui-même.
  • Les arnaques fondées sur des logiciels malveillants ou arnaques dites « malware ». Ces logiciels sont installés sur un ordinateur à l'insu ou contre la volonté de l'utilisateur, souvent lors de l'ouverture d'un e-mail ou d'un lien suspect. Ils manipulent les processus de l’ordinateur pour, par exemple, voler des informations ou générer des ordres de paiement lors des sessions de homebanking.

Ce type de fraude s'opère souvent en prétextant un modèle d'activité professionnel et en recherchant au préalable des informations sur l'entreprise ciblée sur internet ou via les réseaux sociaux.

Pour mieux lutter contre l'escroquerie au paiement, la Fédération des entreprises de Belgique, les professions économiques (réviseurs d'entreprises, experts-comptables et comptables), Febelfin, l'UNIZO, l'UCM et la police judiciaire de Bruxelles (National and International Fraud Office) ont décidé d'unir leurs forces. Leur objectif est de sensibiliser les collaborateurs d'entreprises belges à cette problématique à l'aide d'une brochure contenant des conseils pratiques de prévention.

Afin de se prémunir contre de telles actes frauduleux, il est essentiel de mener des actions de sensibilisation auprès des différents niveaux d’hiérarchie des entreprises. Il convient alors de s'adresser en priorité aux collaborateurs chargés d'introduire ou de signer des ordres de paiement. Ceux-ci doivent faire preuve d'une vigilance accrue et d'esprit critique afin de pouvoir détecter à temps les clignotants. Il est capital que les entreprises mettent en place des procédures visant à réduire les risques de paiements indus, par exemple par la vérification et l’approbation des factures et par le strict respect des pouvoirs de signature de paiements. Le respect de certaines recommandations élémentaires et conseils pratiques de prévention est un premier pas dans la bonne direction.

Découvrez tous les conseils pratiques de prévention dans cette brochure :

Personnes de contact

  • Febelfin
    • Rodolphe de Pierpont – porte-parole| T. 02/507 68 31 | rp@febelfin.be
  • Police judiciaire fédérale de Bruxelles
  • Institut des Réviseurs d'Entreprises (IRE)
    • Jan Laplasse – Responsable du service communication| T. 02/509 00 33 | j.laplasse@ibr-ire.be | @janlaplasse
  • Unie van Zelfstandige Ondernemers (UNIZO)
  • Fédération des entreprises de Belgique (FEB)
    • Sophie Sine – attachée de presse | T. 02/515 08 03 | ssi@vbo-feb.be |  @SophieSine

La brochure et le communiqué de presse sont une initiative de :  

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